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Chaque mois, c'est l'enfer

Et mon corps dans tout ça ?

On ne parle pas beaucoup de ses règles sur son lieu de travail.

Ou alors en toute discrétion, en demandant à une collègue si elle a une protection périodique à nous prêter parce qu’on ne les a pas vues venir.

On ne pense pas souvent à ses règles non plus dans le cadre de son travail. Je veux dire qu’on fait tout simplement comme si elles n’existaient pas.

De peur de trop affirmer cette féminité si peu valorisée, de peur de provoquer une autre raison de nous écarter de la progression de carrière. Déjà que le fait d’avoir des enfants n’est pas toujours accepté alors ….

Il est donc très rare que des femmes essaient d’adapter leur rythme de travail au déroulement de leur cycle.

Je vous entends déjà penser « hé mais on n’a pas toujours la possibilité d’adapter son travail à son cycle, c’est un truc de privilégiée ça ».

Oui, c’est vrai.

Une privilégiée qui est continuellement en contact avec son corps déjà, et elles sont rares ces femmes.

Une privilégiée qui a un poste lui permettant assez d’autonomie pour agir réellement sur ses contraintes et se -réorganiser. Pour ne pas maintenir ce rdv si important un jour où elle sait qu’elle va être fatiguée. Ou le maintenir mais en organisant en conscience un planning light le lendemain pour récupérer.

Pourtant notre corps, notre santé et notre énergie sont indispensables à notre efficacité professionnelle non ?

Une privilégiée aussi parce qu’elle a ce choix, même si elle ne se le permet pas.

Car y-a-t’il un choix pour celles qui souffrent d’endométriose ?

10% des femmes françaises souffrent de cette maladie qui peut être extrêmement invalidante.

L’endométriose se manifeste par de nombreux symptômes dont de violentes douleurs pelviennes irradiantes et des règles hyper abondantes. Ces symptômes peuvent aller d’une simple gêne à un véritable handicap social pour les personnes interrompant toutes activités professionnelles et sociales au moment de leurs règles.

C’est pourquoi j’interpelle l’ensemble de la profession des RH : 10% de votre effectif féminin rencontre ce problème. Et pour l’instant, à ma connaissance, il n’existe pas de réflexion menée sur la façon de gérer les éventuelles absences et l’aménagement du poste pour simplifier les démarches et le travail aux malades.

Je pressens bien à quoi ce manque est dû, mais ce type de maladie augmente malheureusement.

Et au-delà de la question sous son angle juridique il y a un point qu’il m’est difficile de constater aujourd’hui : cette coupure entre notre esprit et notre corps, cet oubli de ce qui pourtant est notre socle pour toutes nos réflexions et actions professionnelles.

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